Présentation de la journée

Des opportunités à saisir pour les habitants des quartiers

Depuis quelques années, le sujet du numérique sort de la confidentialité et devient indispensable à tous les niveaux. Si une éducation aux usages du numérique est nécessaire pour prévenir des risques possibles (harcèlement, radicalisation…), de nouvelles dynamiques de territoire se créent grâce au numérique, permettant des échanges, des rassemblements dans de nouveaux espaces sociaux, des prises de décisions collectives à travers une démarche de proximité. Un grand changement est en marche !
Le croisement de la politique de la ville et du numérique permet d’ouvrir le champ de l’innovation sociale que ce soit dans le domaine du développement culturel, éducatif, économique, pour l’emploi, ou encore la citoyenneté. Le numérique a d’ailleurs été un des sujets de réflexion du Comité interministériel pour l’égalité et la citoyenneté du 6 mars 2015.

Alors que l’écho de la transversalité du numérique est entendu par tous, les quartiers populaires restent en marge de ces progrès pas tant par déficit d’infrastructure que par manque de formation à des usages créatifs, professionnels ou citoyens, au-delà d’usages intuitifs ou ludique.
Les acteurs des territoires doivent saisir les enjeux du numérique pour la ville et tous ses habitants et renforcer leurs pratiques. Cela leur permettra d’autant mieux d’accompagner les habitants des quartiers en politique de la ville sur cette question afin d’éviter le cumul des difficultés par une fracture sociale, celle du numérique. Il s’agit de permettre à chacun d’acquérir une littératie numérique , donner des compétences socles pour appréhender les nouvelles technologies et ainsi faire du numérique un facilitateur et non une barrière à l’inclusion et l’innovation sociale.

 

Sensibiliser les acteurs de la ville aux enjeux sociaux du numérique

Fort de son expérience d’usages numériques intégrés, Villes au Carré a lancé en 2014 un travail sur la promotion du numérique solidaire dans les quartiers en politique de la ville de la région Centre, dans le cadre du contrat de projet État – Région Centre (CPER).

En organisant la rencontre du 5 juin 2015, Villes au Carré sensibilise les acteurs de la politique de la ville sur les enjeux du numérique solidaire à partir des initiatives qui bénéficient aux habitant-es des quartiers, en région et ailleurs, avec l’appui d’experts des usages numérique, notamment Jacques Houdremont fondateur du Fil des idées qui accompagne Villes au Carré sur le projet global et l’organisation de la rencontre.

L’objectif de cette journée est d’amener les acteurs de la ville (politique de la ville, développement social et économique, éducation, insertion…) à revisiter les pratiques numériques et à considérer ces usages comme un facteur d’inclusion sociale.

Cette rencontre sera l’occasion de valoriser quelques initiatives et de mettre en débat des préconisations et perspectives de développement lors de 4 ateliers sur les thèmes de l’éducation, l’insertion socio-professionnelle, la participation et le développement économique.

Présentation des ateliers


Les usages participatifs au service du bien commun et à la vie de la cité restent très insuffisants. Pourtant, il y a là de véritables possibilités de création de lien social, de prise de parole des habitants, de recueil de propositions et, plus généralement, de participation à la vie de la cité.
L’effet « porte de voix » du net participe également au désenclavement des quartiers, en mettant en avant les atouts, la diversité et la richesse culturelle des habitants.

De nombreuses expériences se développent ici et là : de l’usage des tablettes et smartphones en mobilité à la création de réseaux sociaux de quartier, on trouve là autant de potentiels novateurs qui peuvent contribuer à la participation des habitants à la vie de leur environnement.

Mais rien n’est inné et la magie de l’outil ne règle en rien le niveau de participation. Il est généralement admis que, lorsque l’on atteint 10 % de la population contribuant aux diverses instances classiques de participation, ce taux est plus qu’honorable. Si l’on considère que, comme l’indique l’étude de Fréquence École, seuls 2 % des jeunes internautes ont des usages créatifs du web, on voit qu’il convient, là aussi, d’accompagner les publics.

Ce sujet est l’objet d’un séminaire de recherche du programme ECLIPS (Expertise Citoyenne pour le Logement, limites, Intérêts et Perspectives) qui s’est interrogé sur le rôle du numérique pour la participation citoyenne et si celui-ci crée de nouvelles formes d’engagement ou au contraire renforce les clivages sociaux. En savoir plus


L’identité numérique des jeunes conditionne leur intégration sociale et leur future insertion professionnelle. Les traces qu’ils laissent, aujourd’hui, sur le net, peuvent constituer autant d’atouts que de freins pour un accès à des projets professionnels ou à leur participation citoyenne de demain.
Les jeunes ont accès à une source quasi inépuisable d’information qui constitue autant d’élément d’accès aux savoirs. Encore faut-il qu’il en maîtrise les codes de lecture, apprennent à exercer leur regard critique.
La posture des acteurs de l’éducation et des parents se voit progressivement bouleversée. Sans aucun doute l’adage «apprendre à apprendre» n’a-t-il jamais autant été d’actualité. Pour les acteurs de l’éducation, l’heure n’est plus à considérer les usages du numérique comme une activité en tant que telle, mais comme :

  • une donnée incontournable dans l’univers des enfants et des jeunes et une source d’informations et de formation dont il convient de leur donner les clés de lecture,

  • un potentiel formidable d’accès au savoir et à la création.


L’administration en ligne et les espaces d’expression (réseaux sociaux, blogosphère…) entraine des conséquences nouvelles en matière d’insertion sociale et professionnelle.

Avec le développement de l’administration en ligne, les publics fragilisés se trouvent face à une nouvelle rupture d’accès aux droits. Nombre de personnes ne savent pas comment agir ou réagir face à des interfaces web où il n’est pas aisé de se retrouver lorsque l’on n’a pas le niveau de formation nécessaire. Si certains espaces publiques numériques (EPN) sont sollicités et répondent à la demande, force est de constater que leurs animateurs se trouvent rapidement confrontés à des questions qui impliquent l’appel à d’autres compétences (rédaction de CV, accompagnement à l’alphabétisation…)

La majorité des employeurs utilisent le web pour se renseigner sur la qualité des candidats. La maîtrise de l’identité numérique des personnes devient un formidable vecteur de valorisation des compétences et de l’expérience. Il est donc important, pour tout individu, d’en connaître les codes, les éléments nécessaires à la relative dissociation entre sphère privée et espaces publics.


L’emploi, le développement économique sont des enjeux majeurs des futurs contrats de ville. Le numérique en est sans aucun doute un des vecteurs essentiels. Des initiatives se développent ici ou là y compris dans les quartiers populaires, sur la base de nouveaux concepts induits par le développement des usages numériques.

  • Des projets de Fablab, d’espaces de coworking et autres tiers lieux, d’accompagnement de jeunes entrepreneurs voient le jour.

  • Le crowdfunding, l’économie circulaire, sont autant de nouvelle façon de concevoir le développement économique, une économie qui se veut solidaire, durable et prenant en compte les enjeux environnementaux.

  • L’ouverture des données publiques, les concepts de villes intelligentes sont autant de possibilité de créer de nouveaux services.

  • Le développement des MOOCS permet un accès plus large à la formation, notamment la formation tout au long de la vie.

Ces pistes permettent déjà :

  • l’insertion professionnelle par le développement de filières de reconditionnement du matériel informatique et le traitement de déchets,

  • l’accompagnement des services liés aux usages du numérique,

  • des initiatives comme Banlieue Numérique valorisant des engagements personnels ou collectifs.

Les quartiers populaires, ses habitants et les jeunes particulièrement, profitent-ils de ce foisonnement de nouveautés ? Il convient sans doute de veiller au rapprochement, dans ce domaine, des différents acteurs de la politique de la ville, de l’économie classique, de l’ESS liée au numérique et, bien évidemment, de ceux de la formation, pour que ces potentialités deviennent de véritable opportunité pour les quartiers.

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