Générales

La « grande école du numérique » prioritairement pour les quartiers de la politique de la ville

25 septembre 2015

Le Président François Hollande s’est vu remettre le 17 septembre un rapport sur la création d’une grande école du numérique qu’il appelait de ses vœux en février, au lendemain des attentats meurtriers des 7, 8 et 9 janvier. Cette « grande école » est pensée comme un réseau d’établissements déjà existants et à labelliser via un appel à projets qui a été lancé dès la remise du rapport. Objectifs : lutter contre le décrochage scolaire et le chômage, notamment des jeunes et prioritairement dans les quartiers de la politique de la ville.

La Grande École du Numérique prendra donc la forme d’un vaste réseau d’organismes, de lieux et de formations préparant aux métiers du numérique, sur des périodes comprises entre 3 et 24 mois, ouverts à des jeunes peu, voire pas, diplômés.
D’ici fin 2015, 40 structures devraient être labellisées, offrant ainsi à près de 2500 jeunes la possibilité d’être formés aux nouveaux métiers du numériques. 70 organismes supplémentaires sont attendus en 2016, et 90 de plus en 2017, portant à 200 le nombre de « fabriques du numérique » labellisées et ainsi atteindre l’objectif de 10000 élèves formés en 3 ans.

En résumé, le rapport préconise :

  • de mettre en place un système de formations courtes aux métiers du numérique offrant un accès rapide à l’emploi ;
  • de créer un réseau de formations labellisées en coordonnant et en fédérant au niveau national un ensemble d’initiatives locales ;
  • de rendre prioritaires les publics traditionnellement éloignés de la formation et de l’emploi ;
  • d’offrir à chaque apprenant un statut lui permettant d’accéder aux formations labellisées sans distinction académique, économique ou sociale ;
  • d’attirer aussi bien les jeunes femmes que les jeunes hommes vers les métiers du numérique ;
  • de promouvoir et de soutenir la généralisation de nouveaux modes pédagogiques et la mutualisation des bonnes pratiques et des bonnes ressources pédagogiques produites au sein de plateformes numériques ;
  • de favoriser localement le développement du tissu économique en veillant à la bonne insertion socio-économique des jeunes formés ;
  • de créer des passerelles entre les différentes antennes de la Grande École (les fabriques du numérique) ainsi qu’avec l’enseignement supérieur classique et bien sûr l’emploi ;
  • de réaffirmer le rôle des établissements de formation dont les établissements publics d’enseignement supérieur qui sont déjà en capacité de former sur le numérique ;
  • de constituer un réseau de lieux ouverts sur le territoire ;
  • de former 10 000 jeunes dès les trois premières années de création.
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Consulter le rapport sur le Grande École du Numérique (PDF)

L’appel à projet : des formations qui visent prioritairement les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

En vue de la labellisation de « fabriques du numérique », un appel à projet est paru le 17 septembre, dont les candidatures doivent être remis au plus tard le 19 octobre 2015.

La Grande École du Numérique (GEN) vise prioritairement les publics traditionnellement éloignés du numérique, avec un ciblage volontariste en faveur des quartiers de la politique de la ville, et la volonté de présenter une mixité en termes de niveau de formation, d’origine sociale, d’âge ou de genre. En ce sens, la GEN entend fédérer des « fabriques du numérique » gratuites pour les apprenants.

Les « fabriques du numériques » labellisées devront proposer des formations faisant la part belle aux pédagogies innovantes (collaborations orientées vers la conduite de projets, apprentissage de pair-à-pair...). Lieux d’enseignement mais aussi d’aide à l’insertion sociale et professionnelle, ces fabriques devront inclure un accompagnement personnalisé pour aider leurs élèves à construire ou faire aboutir leur projet professionnel.

Enfin, les formations dispensées devront prendre en compte les besoins et réalités du tissu socio-économique local. Les contrats de ville peuvent constituer un cadre propice pour l’engagement de l’ensemble des parties prenantes et l’animation de partenariats avec les acteurs publics comme privés :

  • les acteurs jeunesse, insertion et emploi pour le repérage, la prescription et l’accompagnement des publics ;
  • les partenaires de la formation et de l’éducation ;
  • les employeurs locaux potentiels, au premier rang desquels les entreprises, les syndicats professionnels mais également les associations, les collectivités locales ;
  • les acteurs du soutien à la création d’entreprises et les réseaux d’accompagnement à l’entrepreneuriat.

Cahier des charges et dossier de candidature de l’appel à projets sur le site du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse

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